
Cuisine et gastronomie provençales à Toulon
| Auteur | Henri Raoulx |
| Editions | Les bouquinistes de la poste liberté |
| Annee | 1931 |
| Pages | 112 |
| ISBN | Non reference |
| Disponibilite | Acheter d'occasion |

<p>Cent douze pages, quarante-trois recettes, un éditeur dont le nom — « Les bouquinistes de la poste liberté » — évoque davantage un stand de marché qu'une maison d'édition : il y a dans ce petit livre quelque chose d'artisanal, de confidentiel, de presque clandestin. <strong>Henri Raoulx</strong> n'écrit pas pour la postérité. Il écrit pour Toulon, en 1931, à une époque où la ville est encore un grand port militaire et colonial, et où la cuisine provençale n'a pas encore été codifiée par les guides touristiques et les émissions de télévision.</p>

Qui est Henri Raoulx ? Pas de trace en ligne, pas de fiche Wikipedia, pas de portrait dans les archives numérisées. Un érudit local, probablement. Un amateur passionné, certainement. L'absence d'information est en soi une information : ce livre est l'œuvre d'un inconnu, et c'est peut-être ce qui lui donne sa valeur — une voix non autorisée qui parle d'autorité, un homme qui a mangé à Toulon pendant des décennies et qui, un jour, s'est dit qu'il fallait écrire tout ça avant que ça ne disparaisse.
L'éditeur — « Les bouquinistes de la poste liberté » — est presque certainement une librairie-éditeur installée sur la place de la Liberté à Toulon, devant le bureau de poste. Ce genre de micro-édition locale, fréquente dans l'entre-deux-guerres, produisait des ouvrages qui ne quittaient jamais la ville et qui, pour cette raison même, en capturaient l'essence avec une fidélité que les éditeurs parisiens ne pouvaient pas égaler. C'est de l'édition de proximité au sens le plus pur : on imprime ce qu'on connaît, pour les gens qu'on côtoie.
Le Toulon de 1931 est une ville de marins, de militaires et de marchands. Sa cuisine provençale est une variante maritime de celle de l'arrière-pays : plus de poissons, plus de coquillages, plus d'influences venues des escales méditerranéennes — Corse, Afrique du Nord, Italie. On y trouve la cade (version toulonnaise de la socca niçoise), les pieds-paquets, et une bouillabaisse qui se distingue de la marseillaise par des détails que seuls les Toulonnais et les Marseillais sont capables de défendre avec une mauvaise foi admirable.
Quarante-trois recettes, c'est le plus petit compendium de toute la collection. Mais la couverture — cette illustration vintage d'une femme provençale, dans le style des gravures du XIXe siècle — est un objet visuel si beau qu'elle justifierait à elle seule la possession du livre.
<p>Un livre qu'on ne devrait pas connaître et qu'on est heureux de posséder. Quarante-trois recettes qui sentent le sel et l'encre d'imprimerie. Pour les toulonnais, les bibliophiles, et les amateurs de trésors minuscules.</p>
Les 43 plats du livre

| # | Nom du plat |
|---|---|
| 1 | Aigo boulido - Eau bouillie |
| 2 | Anchoiado |
| 3 | Artichauts farcis |
| 4 | Baneto à l'eigressado - Haricots verts |
| 5 | Boui-abaisso d'uou - Bouillabaisse d'oeufs |
| 6 | Brouillades d'oeufs aux moules |
| 7 | Buou à l'adobo - Boeuf en daube |
| 8 | Cachoflo en barigoulo - Artichauts à la barigoule |
| 9 | Cachoflo en oumeleto - Omelette d'artichauts |
| 10 | Cachotlo à la pebrado - Artichaut poivrade |
| 11 | Car grasihado - Viande grillée |
| 12 | Castagno roustido - Châtaignes rôties |
| 13 | Cèse - Pèse pounchu - Pois chiches |
| 14 | Counfituro de darbousse - Confiture d'arbousses |
| 15 | Counfituro de poumo d'amour - confiture de tomates |