
Petits plats, Grand écran
| Auteurs | Christian Sinicropi, Michèle Villemur |
| Editions | Ramsay |
| Annee | 2007 |
| Pages | 176 |
| ISBN | Non reference |
| Disponibilite | Acheter d'occasion |

<p>On pourrait être tenté de ranger ce livre dans la catégorie des exercices de style, ces objets luxueux que les chefs étoilés publient pour décorer les tables basses de leurs clients fortunés. On aurait tort. <em>Petits plats, Grand écran</em> est une proposition sincèrement étrange : soixante recettes, chacune inspirée par un film, servies dans des assiettes en céramique conçues spécialement par <strong>Glag</strong>, artiste de Vallauris, et photographiées par <strong>Jérôme Kelagopian</strong>. Le résultat est un objet inclassable, à mi-chemin entre le livre de cuisine, le catalogue d'exposition et le carnet de cinéphile.</p>

Christian Sinicropi est chef du restaurant La Palme d'Or, au sein de l'Hôtel Martinez à Cannes — deux étoiles Michelin, 17/20 au Gault-Millau. Le nom du restaurant est évidemment un hommage à la plus haute distinction du Festival de Cannes, et c'est dans cette proximité géographique et symbolique entre la cuisine et le cinéma que Sinicropi a trouvé sa singularité. Là où d'autres chefs se réclament du terroir, du produit ou de la tradition, lui revendique l'image, le cadrage, la narration visuelle.
Il suffit de lire les titres des plats pour comprendre : « Homard en vinaigrette de corail ; gourmandise multicolore », « Le coquelicot multicolore aux graines de pavot, légumes primeurs coiffés d'une émulsion de carottes, chocolat au chou rouge », « Le colvert et l'huître en cannelloni, cuisses de grenouilles en croûte de pain et crème de curaçao ». Ce ne sont pas des intitulés de recettes : ce sont des synopsis, des scénarios en miniature où chaque ingrédient joue un rôle et chaque couleur compose un plan. C'est une cuisine qui se REGARDE avant de se manger, et le livre le revendique en faisant de chaque page un photogramme.
Le choix de Vallauris pour les céramiques n'est pas anodin. C'est dans ce village des Alpes-Maritimes que Picasso, en 1946, a relancé l'art de la céramique et transformé un artisanat local en mouvement artistique. Glag, en créant des assiettes-écrans sur mesure pour chaque plat de Sinicropi, s'inscrit dans cette filiation qui fait de l'objet utilitaire un support d'expression. L'assiette n'est plus un contenant : c'est un cadre, au sens cinématographique du terme.
Chaque mois de mai, lorsque le Festival de Cannes bat son plein, La Palme d'Or devient l'épicentre gastronomique de la Croisette. Les stars, les producteurs, les jurés passent au Martinez, et Sinicropi compose pour eux des menus qui sont autant d'hommages au septième art. Michèle Villemur, qui signe les textes du livre, tisse le fil narratif entre les plats et les films, donnant à l'ensemble une cohérence littéraire que la seule succession de recettes n'aurait pas suffi à créer.
<p>Un livre qui prend le risque de la préciosité et s'en sort parce qu'il est authentiquement habité par deux passions. Pour les cinéphiles gourmands, les cannois, et ceux qui croient que manger est aussi un art visuel.</p>
Les 19 plats du livre

| # | Nom du plat |
|---|---|
| 1 | 60 plaisirs gourmands.... |
| 2 | Aile de raie aux fruits du gourmet |
| 3 | Artichaut et potiron aux copeaux de truffe blanche d'Alba |
| 4 | Brochette de calamar en gourmandise |
| 5 | Energie terrestre |
| 6 | Filet de boeuf en marinière de grenouilles tonato |
| 7 | Fraicheur de cacao et huitres au vinaigre de vin vieux |
| 8 | Homard en vinaigrette de corail ; gourmandise multicolore |
| 9 | Homard multicolore aux saveurs exotiques |
| 10 | La langouste aux légumes d'un minestrone |
| 11 | Le carrousel de frivolités |
| 12 | Le cocktail des plongeurs |
| 13 | Le pain perdu brioché aux graines anisées et chocolat basilic |
| 14 | L'huïtre et le boeuf en Parmentier |
| 15 | L'os à moelle |